Techniques

Plier le bras d’uke dans l’immobilisation de nikyo.

Défaut consistant à plier le bras d’uke dans l’immobilisation de nikyo.

Dans l’immobilisation de nikyo, le bras d’uke doit être en extension. Quand vous poussez vers sa tête, son coude n’est absolument pas sollicité. C’est l’épaule qui est bloquée.

Si vous pliez le bras d’uke comme sur cette photo, l’épaule est peu sollicitée et votre action s’exerce essentiellement sur le coude. Vous pouvez bien sûr abimer le coude d’uke (et cela arrive de manière parfaitement inutile à l’entraînement), mais en réalité uke a la possibilité de s’échapper.

http://www.aikidotakemusu.org/sites/default/files/styles/ct-carre/public/img/ct62-04.jpg

1. Ne pliez donc pas le bras d’uke de cette manière.

http://www.aikidotakemusu.org/sites/default/files/styles/ct-carre/public/img/ct62-05.jpg

2. Si vous le faites il peut pivoter sur lui-même.

http://www.aikidotakemusu.org/sites/default/files/styles/ct-carre/public/img/ct62-06.jpg

3. Et vous frapper avec son coude libre.


Tiré de Takemusu Aiki Intercontinental.

Confusion entre l’immobilisation de kote gaeshi et l’immobilisation de nikyo.

Confusion entre l'immobilisation de kote gaeshi et l'immobilisation de nikyo

La position de départ de l’immobilisation de kote gaeshi est l’inverse de celle de nikyo. Cette raison empêche de réaliser l’immobilisation de la même manière dans les deux cas.

Nikyo

Kote gaeshi

La manière ci-dessus de réaliser l'immobilisation de kote gaeshi résulte d'une confusion entre l'immobilisation de kote gaeshi et celle de nikyo. Au moment où tori abandonne la saisie de la main droite d'uke pour immobiliser avec son bras gauche, son coude gauche est haut. Pendant la fraction de seconde nécessaire à le baisser, le bras d'uke n'est plus maintenu par rien. Uke peut s'échapper en abaissant son bras. Il n'est pas possible de faire l'immobilisation de kote gaeshi de la même manière que celle de nikyo sans courir le risque qu'uke ne s'échappe.

Tiré de : Takemusu Aikido Intercontinental

Les formes de pratique.

GEIKO DO (Les principales formes et modes d'entraînement)

IPPAN - GEIKO
Pratique ordinaire au Dojo, sous la direction de l'enseignant : exécution des mouvements qui sont montrés par celui-ci.

IPPAN - GEIKO comprend : 

FUTSU - GEIKO
Les pratiquants, tous niveaux confondus, répètent alternativement la technique proposée par l'enseignant (mode le plus courant dans les Dojos).

UCHIKOMI - GEIKO
L'étudiant pratique avec une personne plus expérimentée ou avec l'enseignant, et répète jusqu'à épuisement, à droite et à gauche, la même technique ou le placement de celle-ci, pour parfaire précision, souplesse, vitesse...

HIKITATE - GEIKO
Sans jamais bloquer le mouvement, le pratiquant le plus expérimenté fait progresser le moins avancé en annulant les effets de mouvements mal placés ou désordonnés et en ne s'obligeant pas à chuter. La chute intervient lorsque le mouvement est correct, le déséquilibre réel. Méthode qui vise à corriger les défauts avec bienveillance.

GOKAKU - GEIKO
Les pratiquants sont de niveau technique équivalent, de force physique comparable, et étudient sans blocage ni frivolité des techniques peu enseignées, des difficultés particulières.

KAKARI - GEIKO
Un partenaire de niveau équivalent attaque ou bien selon une forme prédéterminée, ou bien selon différentes formes, sans interruption et avec une intensité égale : il est soit projeté, soit immobilisé.

TANINZU-KAKARI-GEIKO
Plusieurs partenaires utilisent continuellement la même forme d'attaque, ou différentes formes d'attaque, sans interruption et avec une intensité égale : ils sont soit projetés, soit immobilisés.

JYU - GEIKO
Pratique libre : on choisit un thème, attaque ou technique, et on exécute des variations sur le thème.

MITORI - GEIKO
Entraînement lorsqu'on est physiquement empêché de pratiquer : observation du cours, des techniques et des attitudes d'un point de vue extérieur. Développement des facultés d'observation.

YAGAI - GEIKO
Entraînement à l'extérieur, sans tatamis, sur toutes formes de terrains, de surfaces présentant des difficultés particulières : sols mous, très durs, rocailleux, sablonneux, etc.

HITORI - GEIKO
Pratique seul, dans le Dojo, ou en dehors du Dojo : respirations, mouvements, déplacements...

Les quatre façons de pratiquer:

KO-TAÏ (GO-NO-GEIKO)
Corps très ferme, " lourd ", offrant une grande résistance au mouvement, sans jamais bloquer, pour développer la puissance, la stabilité, chercher le point de déséquilibre de UKE. Correspond à l'état " solide " de la matière.

JYU-TAÏ (JYU-NO-GEIKO)
Corps souple, application dynamique des techniques. Correspond à l'état " liquide " de la matière.

E-KI-TAÏ
Recherche de la dynamique et de l'harmonie UKE - TORI dans un travail sans heurts, rapide, alliant souplesse, puissance et précision des gestes et du placement du corps. Niveau avancé de la pratique. Correspond à l'état " fluide " de la matière.

KI-TAÏ (RYU-NO-GEIKO)
Harmonie complète dans l'anticipation et la fluidité des relations UKE - TORI : prendre l' "esprit" de son partenaire et l'amener à attaquer selon la forme désirée. Niveau le plus élevé de la pratique. Correspond à l'état "gazeux" de la matière.

Les 9 composantes d'un mouvement.

   

Pour avoir un mouvement parfait il nous faut réunir 9 principes.
Essayons de nous remémorer ces positions, attitudes et autres bizarreries à acquérir.
Pour commencer, il est important d’être debout, d’avoir une attitude juste, c’est le Shizeï.
Ensuite on en vient à parler de « prendre la garde », c’est le Kamae.
Continuons, ne nous parle-t-on pas maintenant de distance et que cela ce traduit par Ma-aï.
 
Il est temps maintenant d’avancer dans les techniques mais il nous faut savoir si nous allons réaliser un mouvement à l’endroit ou à l’envers c’est à dire en Omote ou en Ura.
Dès le début du mouvement que nous devons réaliser, il nous faut encore penser si nous avons suffisamment traversé l’autre, si nous sommes Irimi ou dans le cas contraire si notre rotation est parfaite, si nous pouvons être fiers de notre Tenkan.
 
Dans tout ce bric-à-brac, il nous faut encore penser à notre déplacement. Le déplacement qui nous permet de renverser la situation, cela porte le nom de Taï sabaki. Maintenant, nous, qui pensions être au bout de nos peines, il y a encore une chose importante que l’on croyait réservée au karaté ou au jiu-jitsu. Eh bien non, en aïkido aussi il y a des Atemis. L’aïkido est irimi et atemi. C’est lui O’Senseï, qui le disait.
 
Dans tout cela, il ne fallait évidemment pas oublier de respirer et encore. Tout le monde respire mais beaucoup oublient comment il faut respirer, c’est tout simplement le Kokyu. Si on respire convenablement jusqu’au plus profond de nous alors cette respiration ce transforme en force qui jaillit de nous, de notre corps. Cette force s’appelle Kokyu ryoku.
 
Tiré de la revue UbeA de juin 1998.

Quelques notions.

Voici quelques notions dont on parle beaucoup en aïkido (et dans d’autres arts martiaux), qui sont incontournables pour le pratiquant, et que je vais donc vous présenter.
 
Ki et Kokyu
   
  

Le Ki est un des concepts fondamentaux de la pensée orientale (Qi en chinois, Prana en indien). Il a largement influencé la philosophie raffinée que les Asiatiques ont hérité de leur passé.
Les anciens pensaient que le Ki n’était autre que la vie et qu’il représente l’énergie vitale et la force mentale.
Aujourd’hui encore, le langage commun a conservé de nombreuses expressions qui témoignent de cet héritage.
Lorsqu’il est possible de faire librement usage de tout le Ki qui est en soi, la puissance développée est incroyable. La vie peut alors être vécue intensément sans craindre pour sa vitalité.
Le ki peut être ressenti de plusieurs façons différentes : certains maîtres le ressentent comme « un flux harmonieux d’énergie émanant de leur corps et de leur esprit » ou « une étrange force vitale dont ils ignorent la source, ou «  la sensation d’une adéquation parfaite entre la respiration et le mouvement ».
En réalité, le Ki est une forme d’énergie vitale qui se concentre dans le Hara, quicorrespond au centre de gravité du corps. Lorsqu’on atteint un certain niveau de pratique, on peut utiliser le Ki au lieu de se servir de la contraction musculaire, qui d’ailleurs empêche la circulation du Ki dans le corps. De cette manière, tous les mouvements exécutés sembleront aisés et harmonieux, ils ne nécessiteront aucun effort fatigant.
On retrouve d’ailleurs cette utilisation du ki dans les arts martiaux chinois, tels que le Taijiquan, le Xing Yi quan, etc…
L’utilisation du Ki est évidente dans les techniques de Kokyu nage : Ici par exemple, on voit le Fondateur projeter son élève sans le toucher, grâce au ki. 
 
Maai et Deai
   
   
Maai signifie espace ou distance. Cette notion représente la distance tant au niveau spatial que temporel qui sépare deux forces (attaquant, attaqué).
Ce concept, en aïkido comme dans tous les arts martiaux, doit s’appliquer tant physiquement que mentalement.
Sur le plan physique, une bonne gestion de maai consiste à être hors d’atteinte en permanence, tout en pouvant soi-même atteindre l’adversaire, c’est le résultat d’un bon placement (ci-contre).
L’utilisation du maai se fait aussi sur le plan mental.
Quand deux maîtres de sabre s’affrontent, ils ne commencent pas par attaquer dans l’espoir d’obtenir un avantage car ils n’offrent à l’adversaire aucune ouverture matérielle. Ils attendent. Leurs corps se tiennent à distance pendant que leurs esprits s’engagent dans une sorte de lutte. Chacun doit rester complètement calme et ouvert. Dans ces cas-là, les vibrations émanant de l’adversaire ne peuvent mentir, c’est l’être véritable qui et mis à nu. Un maître comprend ceci et il attend la plus petite ouverture, la moindre faille dans la concentration de l’adversaire, qui se manifestera par une infime modification de sa posture. C’est à ce moment que l’on peut contrôler l’adversaire : avant le contact entre les deux opposants, le vainqueur est déjà déterminé. La découverte du monde du maai aiguise la perception, l’intuition et la lucidité.  
 
Deai est une notion correspondant au timing. Elle est utilisée pour contrôler l’espace et susciter une réaction. Le contrôle du Deai est essentiel en aïkido : c’est seulement grâce à cette maîtrise du temps et des relations spatiales qu’un mouvement peut être correctement exécuté.
Cette étude de l’instant exige un mélange paradoxal de concentration intense et d’entière disponibilité. Fixer sa concentration sur un point donné, comme la main, le sabre, les pieds, rétrécit le champ de vision physique et mental. On perd la notion de timing si la réaction est amorcée que lorsque l’information de l’attaque atteint la conscience physique. On la perd aussi quand la réaction se produit lorsque le sabre ou le corps de l’adversaire ont déjà bougé.
Cependant, si vous amorcez votre mouvement trop tôt, avant que l’attaque de l’adversaire n’ait pris forme, il aura l’avantage. Vous avez précipité le processus et même si votre exécution est techniquement parfaite, vous avez vendu la mèche. L’ennemi pourra rectifier sa position, vous suivre et vous pourfendre.
Le temps de réaction sera adéquat si, au moment de l’attaque, vous pouvez prendre l’adversaire en défaut. C’est au moment de son attaque que l’adversaire est le plus vulnérable : l’attaque absorbe toute son énergie et sa concentration, et à ce stade son mouvement est irréversible.
   
tiré de "Aïkidossiers"

Techniques de base.

Les techniques de base sont les véhicules utilisés pour exprimer les principes plus larges de l’aïkido. Il n’existe pas de formes strictement établies puisque « changement et adaptabilité sont l’essence même de l’aïkido ».

Le Fondateur ne parlait que rarement des aspects techniques de la pratique de l’aïkido, car il pensait que « si votre cœur est juste, vos techniques seront correctes ». Parallèlement aux enseignements contenus dans les dokas, le Fondateur mettait l’accent sur différents points fondamentaux dans l’exécution des techniques d’aïkido :

▪ Bien que notre Voie soit totalement différente des arts guerriers du passé, il n’est pas nécessaire d’abandonner complètement les anciennes façons de faire. Intégrez les traditions séculaires dans l’aïkido en les revêtant d’habits neufs, et reposez-vous sur les styles classiques pour créer de nouvelles formes plus efficaces.

▪ Nos techniques font appel à quatre qualités qui reflètent la nature de notre monde. Selon les circonstances, vous devriez être aussi dur que le diamant, aussi flexible que le jonc, aussi fluide que l’eau, aussi vide que l’espace.

▪ Le corps devrait être triangulaire, l’esprit circulaire. Le triangle représente la production d’énergie et la position physique la plus stable. Le cercle symbolise la sérénité et la perfection, source de techniques illimitées. Le carré est synonyme de solidité, base permettant d’appliquer le contrôle.

▪ Un bon placement et une bonne posture reflètent un état d’esprit correct. La clé d’une technique correcte est de garder mains, pieds et hanches en ligne et centrés. Si vous êtes centré, vous pouvez bouger librement. Le centre physique est le ventre ; si votre esprit est placé au même endroit, vous êtes assuré de la victoire en toute circonstance.

▪ Ne fixez pas les yeux de votre adversaire : il pourrait vous hypnotiser. Ne fixez pas votre regard sur son sabre : il pourrait vous intimider. Ne fixez pas du tout votre adversaire : il pourrait absorber toute votre énergie. L’essence de la technique est d’amener votre adversaire entièrement dans votre sphère. Alors vous pourrez vous tenir où bon vous semble, en toute sécurité, hors d’atteinte. Lorsqu’un adversaire s’avance, entrez et saluez-le, s’il veut se retirer, laissez-le passer.
 
Les techniques d’aïkido se répartissent en six piliers :
 
1.      SHIHO NAGE (projection dans les quatre directions)
2.      IRIMI NAGE (projection en entrant)
3.      KAITEN NAGE  (mouvement ouvert et tournant)
4.      KOKYU NAGE (technique liée à la puissance du souffle)
5.      OSAE WASA (technique d’immobilisation)
6.      USHIRO WASA (technique arrière)

1

SHIHO NAGE


C’est le premier des six piliers des techniques d’aïkido. Cette technique, issue de l’art du sabre (kendo), est le plus souvent la première apprise par les élèves.

      

2

IRIMI NAGE


Irimi, le deuxième pilier des techniques d’aïkido, signifie « entrer » dans une attaque en l’évitant simultanément.

  

3

KAITEN


Kaiten, le troisième pilier de l’aïkido, signifie « ouvrir et tourner ». Il permet un ajustement instantané à toute forme d’attaque et autorise une projection aussi bien vers l’avant que l’arrière. De plus, un Kaiten permet d’étouffer efficacement une attaque groupée.

   

4

KOKYU HO


Kokyu ho, « techniques liées à la puissance du souffle », est le quatrième pilier de l’aïkido. Le Fondateur disait : « La respiration est le fil qui tisse la trame et la chaîne de la création, lorsque vous pouvez sentir la myriade de variations des souffles dans l’univers, les techniques d’aïkido naissent individuellement. » A l’origine, les techniques de Kokyu ho, qui étaient dites contenir le secret de la vraie puissance, n’étaient jamais enseignées en public.
Le fondateur avait l’habitude, lors de démonstrations, de montrer la surprenante puissance du souffle en invitant des élèves à pousser de toutes leurs forces son bras tendu, ou même un bâton qu’il tenait à bout de bras (ci-dessous), puis son application technique (sokumen iriminage).

   

5

OSAE WASA


Osae wasa, « techniques d’immobilisation », constitue le cinquième pilier de l’aïkido. Les immobilisations représentent un contrôle parfait, la conclusion correcte d’une technique. Elles sont très utiles contre un agresseur qui sait bien chuter ou qui est résistant. La photo ci-dessous représente un début d’immobilisation par le Fondateur.

 

6

USHIRO WASA


Ushiro wasa, « techniques arrières », est le sixième pilier de l’aïkido. Le Fondateur disait : « Par la pratique des techniques arrières, on apprend à entraîner son esprit et son corps contre des attaques venant de toutes les directions. Les techniques arrières ouvrent grand l’esprit et développent les six sens ».
Ci-dessous, Koshi nage est une technique très efficace pour une attaque arrière.

 

tiré de "Aïkidossiers"