Etiquette

Tenue et Etiquette.

Le vestiaire (datsuisho) est donc un premier "sas". Enfiler le keikogi, c'est retrouver SHOSHIN, l'esprit du débutant avant d'accéder au dôjô et de recevoir pleinement l'enseignement qui nous sera donné. Ainsi, cet acte doit être effectué en pleine conscience ("ici et maintenant") et non pas automatiquement.

Il faut revêtir le keikogi en se liant aux aspects positifs de l'individualité, en pensant à une ou plusieurs qualités que l'on désire acquérir.

C'est l'occasion d'une première demande, de prendre une ou plusieurs résolutions pour un meilleur devenir. Par l'intermédiaire de la loi d'analogie (par association, lien ou relation), il est possible de se défaire de certains de nos défauts tout en abandonnant, provisoirement, les vêtements utilisés dans la vie ordinaire et ainsi de se rapprochant de nos qualités manquantes tout en revêtant le keikogi.

Ainsi, en déposant un habit journalier, vous déposez un défaut, un souci, une pensée sombre pour la remplacer par une vertu, une pensée positive portée par la blancheur de votre keikogi.

Il est d'ailleurs possible de connaitre l'état d'esprit et le niveau d'un pratiquant à la seule manière de revêtir son keikogi, de nouer sa ceinture ou de lacer son hakama...

Une fois les vêtements "civils" enlevés, enfilez la veste en commençant par la manche droite, la droite symbolisant la... droiture, la sincérité, la raison.

Nous retrouvons donc des éléments symboliques de première importance dans la veste : aspects solaires (le pan droit) et lunaires (le pan gauche).

Tous les rituels bénéfiques (blanc, soleil) utilisent des circumductions dans le sens de rotation des aiguilles d'une montre (vers la droite).

En revanche, tous les rituels destructeurs (noir, lune) utilisent des circumductions dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (vers la gauche).

Ainsi donc, le croisement de la veste à l'envers, pan droit sur le côté gauche, est réservé aux morts...

D'un point de vue pratique, cette façon d'enfiler la veste ne relève pas du hasard : dans les arts martiaux japonais, le DAISHO (paire de sabres) se porte sur la hanche gauche de manière à pouvoir facilement dégainer l'un des deux sabres en cas d'attaque. C'est d'ailleurs pour cette raison que les japonais circulent à gauche afin que les sabres ne se heurtent pas en croisant un autre guerrier - ce qui relevait de la provocation grave en duel. Par ailleurs, sous le pan gauche de la veste peuvent être dissimulées diverses armes de poing comme le TANTO (couteau), des SHURIKEN (armes de jet), ou encore du papier japonais nécessaire à essuyer la lame du KATANA maculée de sang après un combat...

Keikogi

KEI : se souvenir, demeurer fidèle, le fil > KO : ancien, passé, ancêtre > GI : tenue, habit, vêtement
La tenue d'aïkido se nomme Keikogi, ou Dogi, un vêtement blanc identique à celui utilisé en Karatédo ou en Judo (mais aussi par les prêtres dans les temples).

Elle est composée d'une veste (uwagi), d'un pantalon (zubon) et de la ceinture (obi)). Enfiler une nouvelle tenue, de couleur blanche, de surcroît, aménage un premier instant pour le "lâcher-prise" de nos pensées discursives. Le blanc est synonyme de virginité. Il symbolise la pureté d'intention, la sincérité, la droiture.

Le blanc représente également la lumière, c'est-à-dire la connaissance. De même, la ceinture du débutant est blanche.

Obi

La ceinture sert à maintenir fermement le hakama en place. La pression qu'elle exerce sur les hanches (koshi) et sous le nombril (seika tanden) favorise le placement correct du centre de gravité et du hara (centre d'énergie). Chaque discipline possède sa manière de nouer le obi, appropriée à sa pratique. Pour le Katori Shinto ryu, le noeud est traditionnellement placé à l'arrière, au niveau de la cinquième lombaire. En aïkido, la pratique de chutes impose une disposition sur le ventre.

 La ceinture est en relation directe avec les grades ou le rang dans les écoles traditionnelles d'arts martiaux (ryu).

 De nos jours, il existe différentes couleurs de ceintures dans les kyu. Ce système a été instauré par le professeur de judo Kawaishi afin de satisfaire l'impatience de ses élèves européens...
Le grade est le signé extérieur d'une hiérarchie. Il indique une valeur au sein d'une école et permet de situer les pratiquants les uns par rapport aux autres.

Il marque un niveau de progression physique, théorique, technique et éthique dans la tradition martiale. A ce titre, il peut être source d'efforts et d'émulation.

Mais attention : la vraie valeur d'un homme ne se situe pas toujours là où on pense... La ceinture fait parfois rêver et tomber dans les entraves plus d'un esprit qui se croyait fort...

Le obi constitue essentiellement une étape vers la connaissance de soi et des autres.

Hakama

Souvent, dans le domaine des arts martiaux, les européens pensent que le hakama peut être vu comme une marque de haut grade, au même titre que la ceinture noire, mais il n'en est rien.

En fait, dans l'histoire du Japon, le hakama indiquait l'appartenance à un groupe. Chaque dojo ou temple, disposait d'un schéma de hakama qui permettait de savoir de quel  dojo venait le pratiquant (ou prêtre). N'oublions pas qu'au Japon, la notion de groupe est très importante, plus que la notion d'individu.

Ainsi, lorsqu'un nouveau pratiquant  rejoignait un dojo, on se dépêchait de lui offrir son hakama, afin que l'on puisse l'identifier comme appartenant au groupe. Il n'était pas du tout question de niveau de pratique, seulement d'appartenance.Cette amalgame provient d'un fait historique: Après la guerre au Japon, le prix des hakama était si élevé qu'il ne restait plus beaucoup de gens qui pouvait s'offrir un hakama. Ainsi, seuls ceux qui avaient acheté des hakama avant la guerre en portaient. Et quand les soldats américains débarquèrent au Japon, il virent que ceux qui portaient le hakama étaient meilleurs que ceux qui n'en avaient pas, en effet les plus ancien en portaient et les plus jeune non. Et comme le système de ceintures de couleurs était déjà connu, ils se sont dit que le hakama devait être la même chose pour l'Aïkido, cela reflétait le niveau. Et voila comment les gens ont fini par croire que le hakama était la reconnaissance d'un haut gradé.

 

Donc, maintenant, le hakama représente effectivement une garantie de niveau, mais dans l'esprit, il représente l'appartenance.

Il faut également savoir que le nombre de plis du hakama possède aussi une signification. D'après O sensei Morihei Ueshiba, les 7 sept plis rappellent les sept vertus du Budo :

à l'arrière du hakama:
- Chu : La loyauté, Koh : le respect des fondamentaux.

à l'avant du hakama :
- Gi : Les valeurs morales de justice et d'honneur, Jin : La charité et la générosité, Rei : Courtoisie et l'étiquette (la gratitude), Shin : La sincérité et l'engagement, Chi : sage et intelligence,

"... Nous retrouvons ces qualités chez les samourai d'antan. Le hakama nous incite à refléter la vraie nature du BUSHIDO. Le port du hakama symbolise les traditions qui se sont perptéuées de génération en génération. L'aïkido étant issu de l'esprit du BUSHIDO, nous devons nous efforcer dans notre pratique de polir les sept vertus traditionnelles."
O-Sensei Ueshiba Morihei

Ces plis ont une signification religieuse pour les japonais. Les deux plis à l'arrière dérivent d'un verset d'un mythe japonais. D'après cette histoire, à l'époque de l'unification nationale du Japon, les Dieux de la guerre aidèrent le Dieu du soleil (le plus important des Dieux japonais) et travaillèrent ensembles pour gérer une nation en n'utilisant que leur dignité, et sans recourir à l'usage des armes. Chacun des plis représente un Dieu de la guerre, nommés Take-Mizazuchi-no-Kami et Futsu-Nushi-no-Kami. Le dosseret (koshi-ita), qui rassemble les deux plis, représente le Dieu du soleil, Amaterasu-Omikami.

Dans son ensemble, cela représente le concepte de wa (harmonie). Les cinq plis à l'avant représentent les cinq principes qu'une personne doit posséder: Jin (l'affection), Gi (la vertue), Reï (la courtoisie), Chi (la sagesse), et Shin (la sincérité).Le hakama foncé et le keikogi blanc représentent l'union des contraires (in/yo, ou TAIKI). Ces deux polarités s'unissent au niveau du HARA (ventre), c'est-à-dire au obi. Le seika tanden est le centre de tout mouvement, fruit d'une harmonisation correcte entre ces deux principes.On plie le hakama de la manière suivante : tout d'abord, on distingue la face et le dos. Tout ce qui a une face a un dos; tout a deux aspects.Nous nous référons ici au concept d'omote et ura. Une fois qu'on a accordé les plis du vêtement, on le retourne et on commence à le plier en trois - les trois plans de toute vie : un plan ciel, un plan terre, un plan médian.

L'homme vit les pieds sur terre, la tête au ciel. L'homme vit entre son karma et son destin, entre son passé et son futur.

Ensuite, on prend les deux cordons plus longs, ceux qui correspondent à la face avant du hakama.

Après avoir retourné une nouvelle fois le hakama, on met le cordon droit dessous et le gauche dessus, ce sont les deux grandes lignes d'énergie, IN et YO. Puis on noue.

Il y a un mouvement de haut en bas, puis immédiatement de bas en haut. C'est l'énergie qui descend se matérialiser et qui est immédiatement re-éthérisée, renvoyée au ciel.

Le noeud sera à cheval sur le tiers supérieur et le tiers médian.
Le pliage se fait toujours en seiza. Aucune autre posture n'est correcte.

Quand le hakama sera plié, il sera remis à son propriétaire, toujours à genoux, en le remerciant.

Le professeur donne son hakama à l'élève qui désire le plier en le remerciant à l'avance.

Selon notre conception, le hakama ne correspond pas à un grade ou niveau quelconque, mais il est réservé aux anciens (sempai) qui désirent s'impliquer activement au sein de l'école. Celui qui porte le hakama se voit confier une véritable charge, dans le sens chevaleresque du terme, Il doit respecter et exprimer toutes les qualités de fidélité, de respect, de courage, de bonté. Revêtir le hakama représente donc davantage une marque de devoirs - envers soi et les autres - du sens guerrier du bushido (la voie du guerrier), plutôt qu'une simple distinction honorifique.

Nous rappelant cela, nous le porterons juste.

Tiré du site de la FFAB.

Règles du Pratiquant.

1 - Il est nécessaire de respecter l'enseignement, la philosophie du Fondateur et la manière dont l'instructeur les transmet.
 
2 - Chaque pratiquant s'engage moralement à ne jamais utiliser une technique d'Aïkido pour blesser ou manifester son ego. Ce n'est pas une technique de destruction mais de création. C'est un outil visant au développement d'une société meilleure à travers celui de la personnalité.
 
3 - Les règlements de conflits personnels sur le tapis sont interdits. L'Aïkido n'est pas du combat de rue. Vous êtes sur le tapis pour transcender et purifier vos réactions agressives, pour adopter l'esprit du samouraï.
 
4 - Il n'y aura pas d'esprit de compétition sur le tatami. Le but de l'Aïkido n'est pas de vaincre un adversaire mais de lutter contre vos propres instincts agressifs. La force de l'Aïkido ne réside pas dans la puissance musculaire mais dans la souplesse, la communication, le contrôle de soi et la modestie.
 
5 - Toute forme d'insolence sera proscrite : nous devons tous être conscients de nos limites.
 
6 - Chacun a des possibilités physiques et des raisons différentes pour pratiquer l'Aïkido. Elles doivent être respectées. L'Aïkido véritable est l'application correcte et souple de la technique appropriée dans n'importe quelle circonstance. Vous devez veiller à n'occasionner aucune blessure. Il faut protéger votre partenaire et vous protéger vous-même.
 
7 - Acceptez les conseils et les observations de l'instructeur et essayez de les appliquer avec sincérité, du mieux que vous pouvez. II n'y a pas de place pour la contestation.
 
8 - Tous les pratiquants étudient les mêmes principes. Aucun désaccord ne doit naître au sein du groupe et tous les pratiquants du DOJO forment une grande famille ; le secret de Aïkido est l'harmonie. Si vous ne pouvez pas respecter ces règles, il vous sera impossible d'étudier l'Aïkido dans ce DOJO.
 

Règles du Dojo.

En entrant dans un DOJO, vous pénétrez dans un monde différent, un monde de guerriers. Temple du respect et de la camaraderie, il peut devenir un lieu de paranoïa et de méfiance.
 
Sur le tatami d'Aïkido, nous sommes tour à tour attaquant et attaqué et nous nous entraînons à réagir instinctivement. C'est grâce à l'étiquette que nous pouvons pratiquer en toute sécurité, discipliner nos tendances agressives, développer la comparaison et le respect.
 
Un DOJO d'Aïkido n'est pas un gymnase. C'est l'endroit où l'enseignement de Maître Morihei Ueshiba est dispensé. On ne doit pas y étaler son ego, mais y élever et purifier son corps et son âme. Une attitude de respect, de sincérité et de modestie est essentielle à la sérénité de chacun.
 
1 - Le DOJO fonctionne suivant des règles traditionnelles. C'est l'endroit consacré à recevoir l'enseignement du fondateur de l'Aïkido. Il est du devoir de chaque élève d'honorer et de suivre cet enseignement.
 
2 - Chaque élève doit participer à la création d'une atmosphère positive d'harmonie et de respect.
 
3 - Le nettoyage constitue un acte de gratitude et de respect et chaque pratiquant doit participer au nettoyage du DOJO et s’y appliquer avec cœur.
 
4 - Le DOJO ne doit pas être utilisé à d'autres fins que pour les cours prévus, ou sans la permission du responsable.
 
5 - C'est à l'enseignant ou responsable de décider s'il dispensera ou non son enseignement à un élève. On n'achète pas la technique. La cotisation mensuelle vous garantit un endroit pour pratiquer et n'est qu'un des moyens de prouver votre gratitude pour l'enseignement que vous recevez. Les cotisations devront être réglées ponctuellement.
 
6 - Respectez le Fondateur et ses enseignements tels qu'ils sont transmis par votre enseignant. Respectez le DOJO, vos instruments de travail, votre tenue et respectez-vous mutuellement.
 

L'étiquette ( Reishiki ).

L'étiquette est un ensemble de règles de comportement. Ces règles trouvent leurs racines dans la tradition japonaise féodale. Les règles du DOJO permettent d'assurer votre sécurité et celle des autres, ainsi que de forger votre mental, votre vigilance, vos valeurs morales, toutes ces raisons qui vous ont fait choisir la voie de Aïkido.
 
1. ISSHO KEN MEI : Ce que tu fais, fais-le de ton mieux.
 
2. En entrant dans le DOJO et en le quittant, vous devez saluer brièvement par une inclinaison du buste en direction du portrait du fondateur. Ce salut debout s'appelle : RITSU-REÏ.
 
3. En montant sur le tapis et en le quittant, vous devez saluer. Saluez toujours en direction du KAMIZA et du portrait du fondateur. Avant de monter, vous devez enlever vos sandales (ZOORI) et les rangez sur le bord du tapis en les tournant vers l'extérieur.
 
4. Quelques minutes avant le début du cours vous devez être assis en SEIZA, tous sur une même ligne par ordre d'ancienneté, les plus anciens à droite, et dans une posture de méditation. Ces quelques minutes permettent à votre esprit de faire le vide, de vous débarrasser des problèmes de la journée et vous préparent à l'étude.
 
5. Il est essentiel que vous soyez à l'heure. Si vous arrivez exceptionnellement en retard, vous devez attendre à côté du tapis jusqu'à ce que l'enseignant vous fasse signe de vous joindre au cours. Pour des raisons de sécurité et d'étiquette, l'enseignant est le seul juge de la possibilité d'intégrer un cours déjà entamé. Le cas échéant, en montant sur le tapis, mettez-vous en SEIZA et saluez comme vous auriez dû le faire au début du cours. Veillez aussi à ne pas perturber le cours.
 
6. Vous devez vous présenter sur le tapis en KEIKO GI (vêtement d'entraînement). Votre GI doit être propre et en bon état. Vos armes (BOKKEN, JO et TANTO) doivent être rangées, prêtes à servir, le long du tapis à un emplacement que vous n'oubliez pas. N'enjambez jamais les armes rangées le long du tapis.
 
7. Ne vous servez jamais d'un GI ou d'armes qui ne vous appartiennent pas sans l'accord de son propriétaire.
 
8. Respectez vos partenaires en veillant à votre propreté corporelle avant de monter sur le tapis : les ongles des pieds et mains coupés courts, les cheveux longs attachés ou maintenus.
 
9. Le port de bijoux, montres, etc. est proscrit durant les cours, pour les blessures ou le danger qu'ils pourraient représenter.
 
10. Il est interdit de manger, boire, fumer, mastiquer du chewing-gum sur le tapis et dans le DOJO pendant l'entraînement, et même à n'importe quel moment.
 
11. La seule façon correcte de s'asseoir sur le tapis est la position en SEIZA. Si vous êtes blessé, pas exemple au genou, vous pouvez vous asseoir en tailleur. N'allongez jamais les jambes et ne vous adossez pas au mur ou à un poteau. Vous devez être disponible et vigilant à chaque instant.
 
12. Ne restez jamais debout sur le tapis sans travailler. S'il le faut, restez en SEIZA en attendant votre tour.
 
13. Vous devez être disponible à chaque instant. Si vous êtes en SEIZA faute de partenaire, ou pour recevoir des explications, placez-vous toujours de sorte à gêner le moins possible les autres pratiquants, et soyez prêt à bouger instantanément en cas de chute en votre direction.
 
14. Ne quittez pas le tapis pendant l'entraînement sauf en cas de blessure ou de malaise, et avec l'autorisation de l'enseignant.
 
15. Quand l'enseignant montre une technique, vous devez rester assis en SEIZA et regarder attentivement. Après la démonstration, saluez-le, puis saluez un partenaire et commencez à travailler.
 
16. Quand l'enseignant corrige vos mouvements pendant le cours, mettez-vous en SEIZA et regardez attentivement. Saluez-le lorsqu'il a terminé, puis saluez votre partenaire et recommencez à travailler. Quand il corrige un autre pratiquant, vous pouvez vous arrêter de travailler pour regarder. Asseyez-vous en SEIZA et saluez de même.
 
17. Dès que la fin d'une technique est annoncée, complétez votre mouvement, saluez votre partenaire, et rejoignez les autres pratiquants assis en SEIZA.
 
18. Si pour une raison ou pour une autre vous devez absolument poser une question au SENSEI, allez vers lui, ne l'appelez jamais : saluez-le avec respect et attendez qu'il soit disponible (un salut debout suffit dans ce cas).
 
19. Respectez les pratiquants les plus gradés, et d’une façon générale ceux qui sont manifestement plus âgés que vous. Ne discutez jamais à propos de technique et n’entrez jamais en polémiques sur le tapis. Vous êtes là pour travailler, non pour imposer vos idées aux autres. Le DOJO est un lieu de recherche et de travail personnel, pas un forum de discussions.
 
20. Si vous connaissez le mouvement et que vous travaillez avec quelqu'un qui ne le connaît pas, vous pouvez le guider, mais en parlant le moins possible. Faire sentir les directions de travail est beaucoup plus profitable. S’il questionne davantage, c’est à l'enseignant de lui apporter la réponse. En règle générale, abstenez-vous de corriger qui que ce soit si vous n’avez pas atteint le niveau de SHODAN (ceinture noire).
 
21. Ne bloquez jamais le mouvement de votre partenaire, quel que soit son niveau : c’est contraire à l’esprit d’entraide mutuelle dans la recherche et l’apprentissage. C’est une source de frustration qui peut faire naître des émotions négatives. Enfin ce peut même être dangereux pour vous en provoquant des réactions que vous ne pourriez contrôler.
 
22. Il n'y a pas d'esprit de compétition sur le tapis. Le but de l'Aïkido n'est pas de vaincre un adversaire mais de lutter contre vos propres instincts agressifs. La force de Aïkido ne réside pas dans la puissance musculaire mais dans la souplesse, la communication, le contrôle de soi et la modestie. Vous devez veiller à n'occasionner aucune blessure. Il faut protéger votre partenaire et vous protéger vous-même.
 
23. Il est nécessaire de respecter l'enseignement, la philosophie du Fondateur et la manière dont l'enseignant les transmet. Vous devez vous engager moralement à ne jamais utiliser une technique Aïkido pour blesser ou manifester votre ego. Ce n'est pas une technique de destruction mais de création. C'est un outil visant au développement d'une société meilleure à travers celui de la personnalité.
 
24. Parlez le moins possible sur le tapis : c’est dangereux pour vous et pour les autres. La vigilance doit être constante pour éviter les accidents. Seul l'enseignant est habilité à parler sur le tapis. Il convient de faire son possible pour respecter l'harmonie du DOJO et donner de la plénitude à la pratique.
 
25. Ne vous prélassez pas sur le tapis avant ou après les cours. Il est réservé à ceux qui désirent s'entraîner.
 
Bien qu'il y ait de nombreuses règles d'étiquette à assimiler, elles viendront naturellement avec une pratique régulière. Ne soyez pas vexé si on vous corrige un détail, car chacun est important pour la sécurité de tous et a un but éducatif précis. Soyez curieux de tout et posez des questions aux plus anciens en dehors des cours.
 

Disposition d’un dojo traditionnel.

Le Dojo veut littéralement dire « Voie » et « Lieu ». C'est donc le lieu où l'on trouve la Voie. Un Dojo est par conséquent un lieu particulier qui répond à un certain nombre de règles, y compris dans son organisation interne sur le tatami.
 
Le mur du Nord est le kamiza. Il fait face à l'entrée qui se trouve dans le mur Sud, le shimoza. Le kamiza est aussi appelé le mur d'honneur, car il contient le portrait du fondateur de la discipline. Lorsque le Dojo est vaste, il est possible de créer un autel (shinden) dans lequel on mettra le portrait du fondateur, éventuellement les portraits des senseï précédents qui ont enseigné dans le Dojo avant soi. Il est possible de poser le shinden sur un tokonoma, c'est-à-dire sur un espace surélevé, qui délimite la zone de pratique du tatami de l'espace sacré. Sur ce tokonoma on peut trouver éventuellement le shihandaï (siège du Shihan) et les raihinseki (sièges des invités d'honneur). Mais ces sièges sont assez rares en dehors du Japon.
 

   

Le senseï s'assoit dos au kamiza, face au mur Sud et à ses élèves. Cette position répond à la fois à un aspect pratique et à une signification symbolique. Pour l'aspect pratique, il s'agit de pouvoir faire à tous ses élèves, parmi lesquels se trouvent de parfaits inconnus, notamment en début d'année. Il est donc bon d'être prêt à tout. La signification symbolique indique que l'enseignant reçoit la lumière du soleil, qui représente la connaissance qu'il va lui-même transmettre à ses élèves.
 
Les débutants s'assoient vers le mur Ouest, le shimoseki, tandis que les anciens seront vers le mur Est, le joseki, la direction où le soleil se lève. Ceci explique pourquoi les élèves se disposent de gauche à droite par ordre de grades et d'ancienneté. Cette disposition permet d'avoir les débutants à droite du senseï, soit du côté du bras qui est chargé de dégainer le sabre. Cette précaution n'était pas superflue à une certaine époque du Japon dans les dojos de Kenjutsu et de Iaïjutsu. Du côté du joseki on peut trouver également les assistants du senseï ou les professeurs invités à pratiquer pendant la séance. Mais traditionnellement, on installait les invités que l'on ne connaissait pas le long du shimoseki. Là encore, la raison vient d'une époque où les écoles de sabre rivales envoyaient des espions pour étudier les techniques d'un Dojo. Ainsi assis loin des élèves les plus avancés, ils ne pouvaient pas capter la technique. C'est la raison pour laquelle les katas faits par le senseï lorsqu'il y a des invités se font du côté Est et non au centre.

 
Aujourd'hui la variété des lieux transformés comme Dojo (gymnase, salle omnisports, hangar, grange, etc.) impose des changements d'orientation. Le kamiza ne se trouve pas forcément au Nord, car la porte d'entrée est à l'Est. Or la règle la plus fondamentale pour l'enseignant est de toujours avoir la porte d'entrée dans son champ de vision afin de parer à n'importe quelle intrusion. En revanche, ces changements d'orientation ne doivent pas changer la disposition des éléments du Dojo, que ce soit le shinden ou le placement des élèves. Ces inversions sont appelées gyaku-shiki.

 
Quelque que soit votre choix ou votre emplacement, veillez à respecter les règles de base de l'organisation du Dojo. Si vous ne pouvez pas le faire, ce n'est pas grave, mais il faut pouvoir expliquer les choix à ses élèves et leur donner les clés pour qu'à leur tour un jour ils montent leurs dojos correctement.

 
Enfin, n'oubliez pas que le plus important ce n'est pas tant le décorum que l'ambiance conviviale et l'étude sérieuse, car l'énergie mise par les élèves reste dans le lieu et les nouveaux pratiquants ressentent tout de suite cette « atmosphère ».
 
Tiré de Aïkido magazine

Dispositions d'esprit pour la pratique de l'aïkido.

1 - Un coup en Aïkido peut décider de la vie ou de la mort. Durant la pratique, obéissez aux instructions de celui qui dirige le cours. Ne transformez pas la pratique en un absurde test de force !
 
2 - L’Aïkido est une voie par laquelle au moyen du UN on peut atteindre les DIX MILLE ETRES. Même avec un seul adversaire, il ne faut pas uniquement se préoccuper de ce qui est devant, il est nécessaire de pratiquer en étant attentif aux quatre, aux huit directions.
 
3 - Il faut travailler dans la joie !
 
4 - Les enseignements de celui qui donne le cours ne représentent qu’un fragment de l‘Aïkido. Quand, par la recherche et l’entraînement quotidien et constant de soi-même, vous serez parvenu à la connaissance par le corps, le véritable usage des merveilles de l’Aïkido vous sera permis.
 
5 - L’entraînement journalier commence par TAI NO HENKA, ensuite on pratique de plus en plus intensivement sans dépasser ses limites, ce qui permet à des personnes âgées de pratiquer sans risque de se blesser et d’atteindre le but de la pratique.
 
6 - L’Aïkido est une recherche qui tend par l’exercice du corps et de l’esprit à façonner un homme au coeur droit. Toutes les techniques sans exception sont secrètes et ne peuvent être montrées à ceux qui ne pratiquent pas ! Il faut éviter de les enseigner à ceux qui en feraient un mauvais usage.
 

Le rôle du salut.

Le salut, dans un Budo comme l'Aïkido, est l'une des pierres angulaires de la discipline. Partie intégrante de l'étiquette dans un Dojo, il est souvent mal compris et donc mal exécuté par les débutants. Voici quelques clés pour comprendre le sens et l'intérêt du salut.

Dans l'esprit asiatique, qu'il soit japonais, chinois ou autre, le salut est un geste important de la vie quotidienne. Bien entendu, il a tout d'abord, comme chez nous, un rôle social de reconnaissance et de présentation. Mais il reflète également la position sociale de celui qui salue et celle de celui qui est salué, afin de respecter les conventions de la hiérarchie sociale. Cette hiérarchie est très importante en Asie et particulièrement au Japon. Enfin, c'est tout simplement un acte de courtoisie. Dans le cadre d'un Budo, le salut est très marqué, et ce, à de nombreuses occasions. En Aïkido, on débute et achève le cours par un salut. Le salut intervient également à la fin de chaque explication ou démonstration du professeur. Il se fait également lorsque deux partenaires débutent et finissent leur travail. Tous ces saluts ont un sens qui leur vient des origines des arts martiaux.

Les arts martiaux étaient au départ des arts de la guerre, pratiqués par des guerriers capables de tuer n'importe qui sur ordre ou pour la moindre contrariété. Mais pour faire une armée, il fallait organiser une bande de soudards aux pulsions meurtrières et aux ego souvent incompatibles entre eux. Pour éviter la tuerie à l'intérieur même de l'armée et arriver à la discipliner, des règles ont été créées pour calmer les ardeurs et insister sur le principe de respect de la hiérarchie. De l'ensemble des règles de bonne conduite permettant des relations non agressives entre personnes du même clan, est née l'étiquette.

On retrouve naturellement cette étiquette dans les dojos. Les règles de conduite qui composent l'étiquette commencent par le salut. Mais ici, le sens a changé par rapport aux origines. En Aïkido, les pratiquants étudient un Budo, c'est-à-dire une voie de développement personnel, autant spirituel que physique. Pour avancer dans cette voie, il a fallu que quelqu'un la trace (O Senseï Morihei Ueshiba dans notre cas), qu'un autre la transmette (notre professeur) et qu'un autre étudiant vienne transpirer avec nous pour découvrir la technique. Le salut est alors et avant tout un remerciement. D'ailleurs, selon les écoles, le salut s'accompagne aussi d'un remerciement verbal, allant du simple « merci » aux formules de politesse idiomatiques japonaises. Le salut au kamiza est un remerciement pour le fondateur, pour nous avoir offert la possibilité de découvrir cette voie qui nous plaît. Le salut au professeur est un remerciement direct à sa personne pour nous guider dans cette voie. Enfin, le remerciement au partenaire consacre le fait qu'il ait bien voulu prêter son corps pour mettre en pratique les techniques et nous aider à progresser dans la voie. Sans fondateur, professeur et partenaire, il n'y a pas de Budo. Ce qui revient à dire que sans l'autre, nous ne serions rien dans la voie. C'est pourquoi le salut est un remerciement que l'on doit ressentir profondément au fond de soi. Un salut, pour tous ceux qui vous aident dans votre étude et votre évolution.

Le salut n'est en aucun cas, un acte de soumission à un enseignant, ni un acte religieux (il existe un amalgame sur ce point, notamment chez les musulmans pratiquants). Il exprime simplement du respect et de la gratitude. L'irrespect et l'ingratitude sont deux éléments qui n'ont pas leur place dans un Dojo, pour la simple raison qu'ils font naître des tensions, qu'ils permettent de casser l'étiquette, donc de remettre en cause le système du Budo et d'ouvrir une faille dans laquelle s'engouffre bientôt un retour à la violence.

O Senseï disait : « L'Aïkido existe pour donner leur juste place aux plantes, aux arbres, aux oiseaux, aux mammifères, aux poissons, aux insectes jusqu'au moindre moucheron ». Le sens de cette phrase n'est compréhensible qu'en respectant l'étiquette, en saluant et en remerciant. Ainsi, très vite, on se sent comme un acteur minuscule d'un ensemble plus vaste dans lequel nous avons un rôle et une responsabilité, dans lequel nous trouvons notre place parmi tous les êtres vivants.

Techniquement parlant, il existe plusieurs sortes de salut.

Ritsu-rei, le salut debout.

Le regard en direction de l'endroit ou la personne à saluer, en inclinant le buste vers l'avant (environ 30°), le dos droit. Puis retour à la position debout. La profondeur du salut dépend de l'occasion. Dans tous les cas, il convient de garder le dos droit, en particulier au niveau de la nuque qu’il ne faut pas baisser. La direction du regard joue un grand rôle pour différencier le type de salut. Il convient en général de garder le regard à l'horizontale, vers le partenaire ou l'enseignant, sauf dans le cas d'un salut au kamiza où à une personne que l'on tient à honorer particulièrement. Traditionnellement, la position des mains diffère selon les sexes. Les femmes saluent en laissant les mains glisser vers leurs genoux, alors que les hommes saluent les mains le long du corps.

Seiza-rei, le salut assis.

Se tenir pieds joints, ouverture à 45°, posture droite, regard portant devant soi, bras aligné le long du corps, dos de la main légèrement orienté devant soi (musubo-dachi). Sans déplacer les appuis ni les mains, plier les genoux en orientant le genou gauche vers l'avant pour établir le premier contact avec le sol. Ramener l'autre genou à distance de deux poings fermés environ du premier (un poing pour les femmes), pieds en appui sur les orteils, puis sur les coups-de-pied. Prendre appui en se redressant, regard toujours tourné vers l'avant. Les mains sont naturellement placées en haut des cuisses, légèrement orientées vers l'avant, sans prendre appui. Épaules relâchées, coudes près du corps (position seiza). Glisser la main gauche vers le sol pour la placer devant soi, pouce ouvert. Placer la main droite à côté de façon à dessiner une sorte de triangle, symbole d'unité et d'équilibre. Incliner le buste sans relever le bas du corps de façon à placer le visage au cœur du triangle formé par les mains, regard baissé en signe de confiance. La main droite revient ensuite la première. Comme pour l'ordre des genoux, l'ordre des mains correspond à la possibilité de dégainer un sabre.

Tiré de Aïkido magazine

L'anatomie du Seiza.

japan-seiza.jpgÊtre assis en seiza, c'est-à-dire à genoux, n'est pas une simple manière exotique de s'asseoir destinée à faire souffrir les débutants occidentaux : le seiza et les saluts effectués à genoux ont des origines morales, stratégiques, et même religieuses qu'il est utile de connaître pour retrouver tout le sens de cette position fondamentale.

Le seiza, position à genoux, est la posture formelle par excellence au Japon. Le sujet est plus compliqué qu'on ne s'imagine et présente plusieurs aspects, parmi lesquels se trouvent l'étiquette, la stratégie et la technique. Son utilisation plonge ses racines dans les modifications sociales du Japon féodal, surtout par rapport à l'énorme changement qui survint après la prise de pouvoir du clan Tokugawa (1600). Les lois fortement restrictives du shogunat Tokugawa et son pouvoir unique conduit le Japon dans une longue période de paix. La vie dans les villes s'intensifie et attire la plupart des samouraïs désoeuvrés. Il va de soi que les possibilités de tensions et de confrontations augmentèrent énormément. La spirale de vengeance que chaque homicide provoquait entre les familles impliquées constituait une véritable plaie sociale intolérable pour le gouvernement.

La stricte codification des rapports sociaux vient du besoin de gérer ces tensions sociales et de contenir la violence. S'il n'était pas possible pour un samouraï de rentrer avec ses armes dans une maison nobiliaire où il était invité, ce n'était pas le cas pour la plupart des lieux publics ou d'usage commun (auberges, maisons de divertissement...). Le samouraï devait maintenir une distance de sécurité par rapport aux autres, en gardant une position non agressive, mais qui lui permettait de réagir sur le champ en cas de besoin. Aucune autre position assise que le seiza ne permet de garder les hanches libres et de se déplacer ou de se lever avec la même simplicité.

正座 (ou 静座) : le mot SEIZA signifie à la lettre « être assis d'une manière correcte ».

座 ZA est le kanji qui dessine la position assise, il représente deux hommes 人assis par terre 土sous un toit. Ceci donne l'idée d'une dimension sociale et de partage d'un lieu. 正 SEI signifie droit, vertical, mais aussi correct, juste. La signification de « droit » au sens figuré d'être droit croise une signification figurative de rectitude et de juste place, tant en français que dans le caractère chinois. 静Une autre manière d'écrire le premier caractère SEI, est plus directement lié à un état d'esprit. Il signifie le calme, l'absence de mouvement. Même si dans l'Aïkido, c'est la première manière d'écrire le caractère qui est d'usage, le calme est tout à fait la disposition d'esprit qu'on doit adopter quand on est en seiza.

 Le kihon :

 La forme de base pour se mettre en seiza est composée de phases diverses.
seiza-1-1.jpg
seiza-2-1.jpg
Debout avec les mains sur les cuisses et les coudes bien fermés mais pas rigides. Les épaules détendues, le dos bien droit. Les genoux sont un peu pliés et les pieds écartés selon la largeur des hanches.
seiza-3-1.jpg seiza-4-2.jpg seiza-5-2.jpg
Reculer le pied gauche et l'appuyer sur les orteils au niveau du talon du pied droit. Garder le dos bien droit et plier légèrement l'autre jambe pour maintenir la posture.
seiza-6-1.jpg
seiza-7-1.jpg seiza-8-1.jpg
Poser le genou gauche sur le tatami. Les orteils sont toujours relevés. Reculer la jambe droite et placer le genou droit au même niveau que le genou gauche.
seiza-9-1.jpg seiza-10-1.jpg seiza-11-1.jpg
Coucher les orteils et en gardant l'alignement du corps écarter les genoux selon la largeur des épaules. Traditionnellement en seiza le gros orteil gauche est posé sur le droit.

Le hakama sabaki :

 Le hakama peut donner des soucis pour se mettre en seiza correctement. Il y a deux problèmes fondamentaux :
- prendre la position rapidement
- éviter que le hakama empêche les libres mouvements des pieds et des genoux.
Pour faire face à cette exigence, il est possible utiliser le mouvement de hakama sabaki, à la lettre : déplacement du hakama.
seiza-12-3.jpg Debout, on écarte un peu les genoux en les gardant légèrement fléchis.
seiza-13-2.jpg En écartant bien le genou gauche on chasse doucement  mais fermement le hakama vers l'extérieur avec la main droite. Il est très important de se rappeler qu'il est considéré comme très impoli, pendant le mouvement de hakama sabaki, de faire trop de bruit avec le hakama. La précision et la discrétion sont, par contre, indispensables pour obtenir un mouvement correct et efficace.
seiza-14-1.jpg Tout de suite après on chasse, avec la même main, l'autre côté du hakama vers l'extérieur. Les deux mouvements sont liés, sans aucun temps mort entre l'un et l'autre.
seiza-15-3.jpg Descendre le genou gauche jusqu'au tatami en avançant la hanche gauche.
seiza-16-2.jpg Joindre le genou droit au genou gauche en gardant entre les deux la largeur des épaules.
seiza-17-2.jpg Noter que le hakama est maintenaient bien plié sous les genoux et n'empêche aucun mouvement ni des pieds ni des genoux. Il permet ainsi les techniques à genoux (suwariwaza). Les pieds sont encore en kiza (orteils relevés) et ce n'est que lorsque les genoux sont au sol et le dos bien droit qu'il est possible d'allonger les orteils en position de seiza.

Les mains et le seiza :

La position des mains est aussi très importante et fait partie intégrante du seiza.
seiza-18-3.jpg Pendant la pratique les mains sont appuyées sur les cuisses au niveau des anches et les coudes, ni trop serrés, ni trop écartés, forment un cercle avec les épaules et la direction des doigts.
Pendant le rei (salut), le senseï peut appeler le mokuso (méditation avec la respiration). On peut choisir diverses positions des mains. Les plus fréquentes sont :
seiza-19-2.jpg seiza-20-2.jpg  La main gauche dans la droite, les pouces croisés, les mains reposent au niveau du seika tanden (deux centimètres au-dessous du nombril). Certains voient dans la position des deux mains refermées l'une sur l'autre le Taiji, symbole du yin et du yang.
Les doigts de la main gauche sont posés sur ceux de la main droite, les deux pouces se touchent, le tout formant un cercle. Les mains sont appuyées sur les hanches de manière à ne pas relever les épaules. seiza-21-2.jpg seiza-22-2.jpg
Cette position est typique de la méditation bouddhique zen et peut être faite aussi en inversant l'ordre des mains selon la secte zen. En Aïkido on pose de préférence la main gauche sur la main droite, en respectant la plus grande importance que les Japonais donnent à la gauche qui représente pour eux l'âme, l'esprit, la vie, contrairement à la droite qui représente le corps, le matériel, le caractère éphémère de la vie. Ceci peut être remarqué aussi sur le kamiza traditionnel qui est composé toujours à droite d'un vieil arbre ou de quelque chose qui représente l'impermanence de la matière.
En accord avec ce concept, on monte sur le tatami avec le pied gauche, et on descend avec le droit.

 Zarei, le salut assis : 

Une fois correctement assis et généralement après le mokuso, arrive le salut à genoux. 

seiza-23-2.jpg
seiza-24-1.jpg
A partir de la position de seiza, poser la main gauche devant soi, ni trop loin, ni trop près des genoux, de manière à former un arc de cercle avec le bras. Cette fois la priorité de la main gauche a un caractère spécifiquement stratégique : elle permet de garder la main droite libre et prête à dégainer le sabre.
seiza-25-1.jpg
seiza-26-1.jpg
Poser ensuite la deuxième main, de manière à former un triangle avec les pouces et les index.
seiza-27-1.jpg
seiza-28-1.jpg
A partir de cette position incliner le dos vers l'avant en prenant garde de ne pas décoller les hanches des pieds. Le nez doit se retrouver exactement au-dessus du triangle formé par les mains.

Remarques :

- Selon le niveau de la personne à saluer, il convient de s'incliner plus ou moins bas (c'est toujours le moins gradé qui doit s'incliner plus bas).

- Pour saluer le kamiza, il est de coutume de poser les deux mains en même temps, ce qui est plus poli encore. Poser les deux mains ensemble ne permet pas de dégainer le sabre, ce qui signifie une complète dévotion et confiance. Cela se fait donc aussi en face des grands maîtres.

 Zarei du senseï au kamiza :

Pour saluer le kamiza, le professeur, habituellement dirigé vers les élèves, devra se retourner. 
seiza-29-1.jpg seiza-30-1.jpg seiza-31-2.jpg
A partir de la position seiza, relever les orteils. Le pied droit vient se poser à côté du genou gauche. Grâce à une pression des pieds, le corps tout entier tourne vers la droite, le genou gauche constituant l'axe de rotation.
seiza-32-1.jpg seiza-33-1.jpg  
Après avoir effectué le demi-tour en un seul mouvement, reposer les orteils de façon à se retrouver dans la même position de seiza qu'au début, à la même place de préférence, mais dans l'autre sens.

Remarque :

La rotation vers la droite a au moins trois significations, dont deux sont d'ordre stratégique :

- les élèves les moins expérimentés étant situés à la droite du professeur et les plus anciens à sa gauche, il ne convenait pas de tourner le dos aux derniers arrivés, mais d'effectuer sa rotation en les gardant toujours sous les yeux.

- la deuxième signification, toujours dans le même esprit de vigilance, est que tout au long de cette rotation, il est possible à chaque moment de dégainer, ce qui n'est pas le cas si on lève la jambe gauche.- le troisième enfin a une dimension plus spirituelle. Elle permet de tourner dans le même sens que le soleil, de gauche à droite, c'est-à-dire d'Est en Ouest.

Tiré de Aïkidoka Magazine.